Abstraits

 

Journées d’études internationales
 
LANGUE ET LITTÉRATURE BERBÈRES :
DÉveloppement et standardisation
 
28–29 Novembre 2013
Università degli Studi di Napoli « L’Orientale »
Sala Consiliare – P. zzo Du Mesnil – Via Chiatamone 61/62
 
 
ABSTRAITS
 
Mohamed Aghali-Zakara – INALCO – Paris
Didactique du passage de l’oral à l’écrit
Évoquer le passage de l’oral à l’ écrit dans la société touarègue, c’est se trouver dans un cas particulier : les Touaregs ne sont pas analphabètes dans la mesure où ils possèdent une écriture qui leur est propre mais dont ils ne se servent pas, traditionnellement, pour enregistrer la Parole qui reste, prioritairement, du domaine de l’oralité. Ainsi en est-il, tout au moins jusqu’au premier tiers du XXè s.
C’est en effet à partir de cette époque que s’organisa le début de la scolarisation, c’est-à-dire l’apprentissage de l’alphabet latin pour écrire le français. La connaissance de l’alphabet arabe, quant à lui, il remonte à plusieurs siècles dans le milieu religieux. Depuis les années soixante–dix, on assiste à la mise en place de l’alphabétisation des adultes dans l’écriture latine,  pour ceux qui utilisent déjà les tifinagh, écriture touarègue. Aussi disposent-ils de la biographie. 
C’est cette situation complexe et spécifique que j’examinerai.
 
Mahmoud Amaoui –Université Mouloud Mammeri – Bejaîa
Quelques éléments de réflexion en vue d’élaborer un système de ponctuation pour le berbère
Le degré atteint par la standardisation de l’orthographe (à base de l’alphabet latin) ainsi que le développement et la multiplication des productions écrites dans le domaine berbère suffisant pour à amorcer aujourd’hui la réflexion sur la ponctuation. Notre communication se veut une réflexion générale sur ce sujet ; il ne s’agit pas bien évidemment de propositions concrètes mais d’indications qui pourraient servir une codification ultérieurement. Après un bref aperçu sur l’usage de la ponctuation dans les textes anciens et modernes, nous aborderons cette question de la ponctuation en insistant sur les rapports entre celle-ci et les aspects linguistiques (syntaxe et prosodie notamment) et pragmatiques. 
 
Fatima Boukhris  Université Mohamed V – Rabat
Enjeux et dilemmes de la standardisation du texte oral
 La production orale, sous toutes ses formes et genres, est la première expression de la langue et de la culture amazighes (berbères) dans leur diversité ; d’où l’intérêt qui lui a été accordé depuis le siècle dernier. Le passage de cette culture de l’oral à l’écrit a très tôt attiré l’attention des chercheurs berbérisants nationaux et a donné lieu à diverses approches et propositions. Actuellement, avec le nouveau statut de l’amazighe, en tant que langue officielle au Maroc, et l’avancée du processus de sa standardisation et de son intégration dans le système éducatif, le problème de la standardisation du texte oral se pose sous plusieurs angles, notamment celui de la normalisation de la transcription du corpus oral disponible et de la gestion de la variation linguistique à la lumière des normes graphiques et lexicales proposées.
Cette communication tente d’appréhender cette question à partir de l’examen de quelques expériences de normalisation du texte de littérature orale.
 
Anna Maria Di Tolla – Università degli Studi di Napoli « L’Orientale »
Littérature orale berbère entre préservation et innovation
Le problème de la littérature orale berbère fait partie aujourd’hui d’une perspective plus large de la recherche, ce qui constitue l’étude des changements culturels et sociolinguistiques en Afrique du Nord, notamment au Maroc. La tradition, le patrimoine et la mémoire ne sont pas l’acquisition spontanée d’un groupe qui l’acquiert de manière passive et sont essentielles dans le fonctionnement de l’organisation sociale puisque sont liés à la défense et au renouvellement de l’identité socioculturelle.
Dans cette communication, on essayera d’analyser le processus de transmission qui se produit comme un argument récurrent dans les études sur la littérature orale qui est une référence à l’identité des Berbères. En partant de ce postulat, nous chercherons certains enjeux impliqués dans le processus de préservation / innovation, en partant de quelques exemples concernant les contes berbères du groupe berbère des Ayt Khebbach du Sud-est marocain.
 
Rosa Ferraro – Università degli Studi di Napoli « L’Orientale »
Rites et chants funèbres berbères
Cette contribution concerne les rites et la construction de l’identité berbère. On veut souligner comment les berbères préservent/réinterprètent leur identité et transmettent leur savoir traditionnel à travers les rituels. Dans le domaine des rituels funéraires l’élément qui caractérise et représente la plupart des populations berbères est le chant funèbre. En Algérie et au Maroc, les chants funèbres contiennent des éléments spécifiques de la tradition et de la vie quotidienne et contemporaine.
 
Mansour Ghaki – Università degli Studi di Napoli « L’Orientale »
La périodisation de l’histoire du Nord de l’Afrique
La périodisation de l’histoire du nord de l’Afrique a connu deux "grands moments" la période coloniale et celle des indépendances; si la première a divise l’histoire de la région en "période punique", "période romaine" et époque arabo-musulmane; les indépendances font tout pour "imposer" un découpage base sur les frontières des Etats nations. Dans les deux cas, cette vision est trompeuse, souvent injustifié si ce n’est par des présupposes idéologiques. La périodisation se doit de refléter des réalités historiques et de civilisation qui font la spécificité de l’Afrique du nord: l’amazighité.
 
Hachem Jarmouni – Université Sidi Mohamed Ben Abdellah - Saïs - Fès
      La littérature orale de la performance au texte
Afin d’étudier convenablement la littérature amazighe orale, il convient au préalable de consacrer une réflexion à l’oralité comme mode culturel spécifique de communication verbale, contexte au sein duquel se produit nécessairement cette littérature. L’oralité est le cadre d’une énonciation consciemment proférée selon un mode spécifique à l’occasion de situations soumises à un certain degré de ritualisation. Elle est basée sur la notion de performance qui constitue la réalisation concrète de l’œuvre orale. Mais cette forme par nature évanescente motive le recours à la transcription ou à l’enregistrement pour la sauvegarde de l’œuvre orale. Cet acte s’avère réducteur car le produit ainsi obtenu se trouve coupé de sa situation et ne représente qu’un élément de l’édifice sémantique basé sur d’autres composantes lui conférant sa dimension sociale.
 
Kamal Naït Zerrad – INALCO – Paris
     Autour d’un glossaire arabo-berbère du Moyen-Age (dialecte du Djebel Nefousa)
En 1900 paraissait dans la "Revue Tunisienne" un "vocabulaire berbère ancien (dialecte du Djebel Nefoussa)" , publié et traduit de l’arabe par A. Bossoutrot. Ce vocabulaire berbère-arabe est extrait d’un manuscrit arabo-berbère (commentaire de la Mudawwana d’Ibn Ghanim, 8e - 9e siècle) dont la rédaction semble bien antérieure au 15e siècle. Il est particulièrement intéressant pour l’histoire de la langue berbère mais également pour son lexique avec des termes berbères qui semblent avoir disparu aujourd’hui. Nous tenterons de cerner l’origine de la langue du texte et de fournir quelques éléments étymologiques et lexicologiques sur le vocabulaire lui-même.
 
Khadija Mouhsine – Université Mohamed V – Rabat
La littérature amazighe écrite aujourd’hui : le roman et la nouvelle
Depuis deux décennies nous assistons à un tournant très important dans l’aire culturelle amazighe avec notamment la publication de nouvelles et de romans. Ceci marque le passage de l’oralité à une littérature écrite qui emprunte les normes et conventions universels de ces genres narratifs.
A partir de la lecture de quelques unes de ces productions, la communication présentera les auteurs, les différentes thématiques et les stratégies d’écriture des textes retenus.
 
Samira Moukrim Université Sidi Mohamed Ben Abdellah - Saïs – Fès
Traitement des phénomènes liés à l’oralité en amazighe
Cette communication a pour objectif d’étudier certains phénomènes spécifiques à la langue parlée. La standardisation de l’amazighe a pour principe d’éliminer les variations non fonctionnelles et aussi les phénomènes liés à la production de l’oral comme les répétitions, hésitations, autocorrections, amorces… lesquels sont très fréquents dans la parole spontanée.
Or, ces phénomènes ont une réelle valeur fonctionnelle car ils sont porteurs d’informations. Servant d’indices de la mise en place de syntagmes par le locuteur, ils correspondent à la mise en œuvre en temps réel des structures de la langue et pourraient donc nous renseigner sur le fonctionnement de l’amazighe.
Par ailleurs, l’intégration de l’amazighe dans les nouvelles technologies de l’information, nécessite la prise en compte de ces phénomènes (appelés disfluences) car ils constituent une réelle difficulté en termes d’annotation.
 
Valentina Schiattarella EPHE LLACAN/CNRS – Paris
Documentation d’une langue en danger: le berbère de Siwa
La documentation linguistique est un nouveau domaine de la linguistique qui a connu un grand succès ces dernières années, surtout pour l’étude des langues en voie de disparition. Elle est basée sur la théorie de Himmelman (1998), qui insiste sur la différence avec la description linguistique et l’importance d’avoir un corpus de données orales variées et spontanées. L’exposé présentera dans un premier temps mon projet de documentation du siwi, (oasis de Siwa-Egypte) - et donc son déroulement et les résultats obtenus jusqu’à présent - puis, dans un second temps, les possibilités et modalités d’application de ce modèle aux autres langues berbères en danger.
 
Luigi Serra – Università degli Studi di Napoli « L’Orientale »
Langue et littérature berbères : problématiques et perspectives
 
Nora Tigziri –Université Mouloud Mammeri – Tizi Ouzou
Apport de l’informatique dans la standardisation de la terminologie amazighe
La langue amazighe qui était jusqu’à un passé récent, une langue essentiellement orale, a vu son passage l’écrit et son enseignement rencontrer d’énormes problèmes dus non seulement à un manque d’outils didactiques tels les dictionnaires, les manuels… etc mais aussi à l’absence d’une terminologie adéquate. S’il est vrai que des glossaires ont vu le jour, que des terminologies foisonnent sur le terrain, il n’en demeure pas moins, qu’aucun de travail de collectes, de dépouillement, d’analyse de toutes ces données n’ait été réalisé jusqu’à ce jour afin de disposer d’une source complète.
Nous présentons un projet qui consiste à la confection d’un dictionnaire ou base de données de la langue amazighe contenant la terminologie de spécialité (linguistique, littérature, civilisation, informatique, medias, terminologie scolaire, etc.). Pour ce faire le chercheur ne fait pas uniquement un travail de mise en place d’un dictionnaire avec tous les outils théoriques et méthodologiques qui s’imposent, mais il élabore aussi un travail d’aménagement de l’écriture et du lexique.
Les matériaux utilisés proviennent d’un dépouillement systématique de toutes les sources existantes (glossaires, lexiques, manuels, etc.)
Ce travail est limité à faire un inventaire et à regrouper toutes les propositions en matière de terminologie de specialité disponibles en tamazight dans toutes ses variétes. Notre base données facilitera le travail de dépouillement des aménageurs lors de leur intervention sur la terminologie à adopter.
 
Mohand Tilmatine – Université Cadix
Onomastique et aménagement linguistique de l’amazigh
Le travail de standardisation de la langue amazighe, entamé il y a de cela des décennies, s’est jusqu’à présent concentré sur la langue elle-même et plus particulièrement sur les questions graphiques sans vraiment aborder la standardisation de segments spécifiques du système linguistique berbère. Cette communication essayera d’explorer un de ces champs encore peu investis par les travaux de standardisation de la langue berbère : l’onomastique et plus particulièrement la toponymie.